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Inès A.

Au café bleu de la poésie

InèsFM

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Si tu peux... /Si, tu peux! | 05 septembre 2009

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir,
Si tu peux être amant sans être fou d’amour ;
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et , te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles,
Sans mentir toi-même d’un mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser, sans n’être qu’un penseur ;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront ;
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un Homme, mon fils.

Rudyard KIPLING

Publié par annousti à 21:58:10 dans peau êtes | Commentaires (2) |

Morts à la dérive | 21 novembre 2008

le vent souffle

dans mes pantoufles

D'ogre vêtu d'ocre

me berce la brise

ce jaune inarticulé

et médiocre prône

me perce la prise

que ce temps attend de moi

mes yeux caressent le tronc rugueux

mes mains aux abois et où sont mes ailes

elles sont allées encore au bois Madame

danser encore une fois avec les gueux

Inès A.

Improvisation

                                     en sol

                                                       mi

                                                                               neur

 

                                                                  en ciel majeur

Intrônisation

 

Publié par annousti à 14:14:29 dans peau êtes | Commentaires (2) |

Poètes, chargez vos armes! | 07 novembre 2008

LA POÉSIE EST UNE ARME CHARGÉE DE FUTUR 

Quand plus rien de personnellement exaltant n´est attendu,
Plus on palpite et plus on est  proche de la conscience,
Existant comme un fauve, aveuglement affirmé,
comme un pouls qui frappe les ténèbres

quand on regarde en face
les vertigineux yeux clairs de la mort,
on dit les vérités :
Les barbares, les terribles, les amoureuses cruautés

On dit les poèmes
qui élargissent les poumons de tous ceux qui,
 asphyxiés,
demandent à être, demandent du rythme,
demandent des lois pour ce qu´ils éprouvent d´excessif. 
Avec la vitesse de l'instinct,
avec l´éclair du prodige,
comme une évidence magique, ce qui est réel nous transforme
en ce qui est identique  à lui-même. 
Poésie pour le pauvre, poésie nécessaire
comme le pain de chaque jour, 
comme l'air que nous exigeons treize fois par minute, 
pour être et tant que nous sommes
 donner un oui qui nous glorifie

Parce que nous vivons par à-coups, parce que c´est à peine s´ils nous laissent
dire que nous sommes ceux qui nous sommes,
nos chants ne peuvent être, sans péché, un ornement.
Nous touchons le fond.
Je maudis la poésie conçue comme un luxe
culturel par ceux qui sont neutres
Ceux qui, en se lavant les mains, se désintéressent et s´évadent.
Je maudis la poésie de celui qui ne prend pas parti jusqu'à la souillure.

Je fais miennes les fautes. Je sens en moi à tous ceux qui souffrent
et je chante en respirant.
Je chante, et je chante, et en chantant par delà mes peines
personnelles, je m'élargis.
J´aimerais vous donner la vie, provoquer de nouveaux actes,
Et je calcule en conséquence, avec technique, ce que je peux faire.
Je me sens un ingénieur du vers et un ouvrier
qui travaille avec d'autres l'Espagne dans ses aciers.
 
Telle est ma poésie : poésie- outil
a la fois battement du coeur de l´unanime et aveugle.
Telle est, arme chargée de futur expansif
avec laquelle je vise ta poitrine
Ce n'est pas une poésie pensée goutte a goutte.
Ce n'est pas un beau produit. Ce n'est pas un fruit parfait. 
C´est similaire a l'air que nous respirons tous
et c´est le chant qui donne de l´espace a tout ce nous portons en nous.
  Ce sont des mots que nous répétons en les sentant
nôtres, et ils volent. Ils sont plus de ce qu´ils nomment.
Ils sont le plus nécessaire : ce qui n'a pas de nom.
Ce sont des cris au ciel, et sur terre ce sont les actes. 


Gabriel Celaya
 

Publié par annousti à 11:12:28 dans peau êtes | Commentaires (1) |

¡ No te dejes morir lentamente ! | 25 octobre 2008

Il meurt lentement

celui qui ne voyage pas,

celui qui ne lit pas,

celui qui n'écoute pas de musique,

celui qui ne sait pas trouver

grâce à ses yeux.

Il meurt lentement

celui qui détruit son amour-propre,

celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement

celui qui devient esclave de l'habitude

refaisant tous les jours les mêmes chemins,

celui qui ne change jamais de repère,

Ne se risque jamais à changer la couleur

de ses vêtements

Ou qui ne parle jamais à un inconnu

Il meurt lentement

celui qui évite la passion

et son tourbillon d'émotions

celles qui redonnent la lumière dans les yeux

et réparent les coeurs blessés

Il meurt lentement

celui qui ne change pas de cap

lorsqu'il est malheureux

au travail ou en amour,

celui qui ne prend pas de risques

pour réaliser ses rêves,

celui qui, pas une seule fois dans sa vie,

n'a fui les conseils sensés.

Vis maintenant!

Risque-toi aujourd'hui!

Agis tout de suite!

Ne te laisse pas mourir lentement!

Ne te prive pas d'être heureux!

 

Pablo Neruda  Prix Nobel de Littérature

1971

2004 centenaire de sa naissance

     

Muere lentamente quien no viaja,
quien no lee,

quien no oye música,

 quien no encuentra gracia en sí mismo.

Muere lentamente

quien destruye su amor própio,

quien no se deja ayudar.

Muere lentamente

quien se transforma en esclavo del hábito

repitiendo todos los días los mismos trayectos,

quien no cambia de marca,

no se atreve a cambiar el color de su  vestimenta

o bien no conversa con quien no conoce.

Muere lentamente

quien evita una pasión y su remolino de emociones,

justamente éstas que regresan el brillo a los ojos

y  restauran los corazones destrozados.

Muere lentamente

quien no gira el volante cuando está infeliz con
su trabajo, o su amor,

quien no arriesga lo cierto ni lo incierto para ir
atrás de un sueño

quien no se permite, ni siquiera una vez en su vida,

huir de los consejos sensatos...

¡ Vive hoy !

¡ Arriesga hoy !

¡ Hazlo hoy !

¡ No te dejes morir lentamente !

¡ NO TE IMPIDAS SER FELIZ

 

Publié par annousti à 14:37:40 dans peau êtes | Commentaires (3) |

Neruda au coeur | 25 octobre 2008

Si Tu Me Olvidas

SI TÚ ME OLVIDAS
QUIERO que sepas
una cosa.


Tú sabes cómo es esto:
si miro
la luna de cristal,la rama roja
del lento otoño en mi ventana,
si toco
junto al fuego
la impalpable ceniza
o el arrugado cuerpo de la leña,
todo me lleva a ti,
como si todo lo que existe,
aromas, luz, metales,
fueran pequeños barcos que navegan
hacia las islas tuyas que me aguardan.


Ahora bien,
si poco a poco dejas de quererme
dejaré de quererte poco a poco.


Si de pronto
me olvidas
no me busques,
que ya te habré olvidado.


Si consideras largo y loco
el viento de banderas
que pasa por mi vida
y te decides
a dejarme a la orilla
del corazón en que tengo raíces,
piensa
que en ese día,
a esa hora
levantaré los brazos
y saldrán mis raíces
a buscar otra tierra.


Pero
si cada día,
cada hora
sientes que a mí estás destinada
con dulzura implacable.
Si cada día sube
una flor a tus labios a buscarme,
ay amor mío, ay mía,
en mí todo ese fuego se repite,
en mí nada se apaga ni se olvida,
mi amor se nutre de tu amor, amada,
y mientras vivas estará en tus brazos
sin salir de los míos.


Pablo Neruda


Si tu m'oublies

Si tu m'oublies
je veux que tu saches
une chose.


Tu sais ce qu'il en est:
si je regarde
la lune de cristal, la branche rouge
du lent automne de ma fenêtre,
si je touche
près du feu
la cendre impalpable
ou le corps ridé du bois,
tout me mène à toi,
comme si tout ce qui existe,
les arômes, la lumière, les métaux,
étaient de petits bateaux qui naviguent
vers ces îles à toi qui m'attendent.


Cependant,
si peu à peu tu cesses de m'aimer
je cesserai de t'aimer peu à peu.


Si soudain
tu m'oublies
ne me cherche pas,
puisque je t'aurai aussitôt oubliée.


Si tu crois long et fou
le vent de drapeaux
qui traversent ma vie
et tu décides
de me laisser au bord
du coeur où j'ai mes racines,
pense
que ce jour-là,
à cette même heure,
je lèverai les bras
et mes racines sortiront
chercher une autre terre.


Mais
si tous les jours
à chaque heure
tu sens que tu m'es destinée
avec une implacable douceur.
Si tous les jours monte
une fleur à tes lèvres me chercher,
ô mon amour, ô mienne,
en moi tout ce feu se répète,
en moi rien ne s'éteint ni s'oublie,
mon amour se nourrit de ton amour, ma belle,
et durant ta vie il sera entre tes bras
sans s'échapper des miens.


Traduction de Ricard Ripoll i Villanueva

________________

 

P.S. http://www.allende100.org/

Publié par annousti à 14:27:46 dans peau êtes | Commentaires (2) |

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y naissent des mots déments





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