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Inès A.

Au café bleu de la poésie

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"J'essaie de faire s'ouvrir les fleurs qui me poussent dans la tête" | 15 octobre 2008

Last days
mercredi, 15 octobre 2008 à 22:30
Rediffusion lundi 27 octobre à 03H00 et jeudi 6 novembre à 03H00
(Etats-Unis, 2004, 93mn, VOSTF)
ARTE F

Regards critiques:

 

Synopsis : Musicien replié sur lui-même, Blake (Michael Pitt) traverse les derniers jours de sa vie comme un somnambule. Il surgit sans cesse de sa grande maison de pierre pour errer dans la forêt, tente ainsi d'échapper à l'énorme pression qu'exercent sur lui son manager, ses amis, bref, tout son entourage.

Critique : "Last days" commence en pleine nature, près d'une petite cascade. Dans un plan d'ensemble pris de l'autre bord, on voit un jeune homme aux longs cheveux blonds, vêtu seulement d'un pantalon de pyjama et d'un tee-shirt. Il retire tout, sauf son caleçon, et nage quelques instants. Puis il déambule à travers la forêt, passe la nuit près d'un petit feu de camp où il se réchauffe et fait sécher ses vêtements. Au matin, il prend le chemin du retour. La caméra le suit au plus près. Il arrive à hauteur d'une grande maison de pierre, y entre. C'est là qu'il vit, manifestement. Dans la cuisine, il prépare son déjeuner. Puis il range les corn-flakes dans le frigo, laisse le lait sur la table... Son comportement paraît confus. Sur le frigo, une fiche indique « Le fusil est en haut dans la chambre ». Jusqu'ici, le jeune homme blond peut passer pour un tire-au-flanc qui se la coule douce. Impossible encore de deviner qu'il s'agit d'un musicien génial qui fléchit sous l'énorme poids de la célébrité. Mais peu à peu, les choses se précisent...

Avec ses trois derniers films "Gerry" (2002), "Elephant" (203) et maintenant "Last days", le cinéaste américain indépendant Gus Van Sant a créé un cinéma qui exige du spectateur une perception nouvelle. Pour "Elephant", où il revient sur le massacre du lycée de Columbine à Littleton, le cinéaste a reçu la Palme d'Or à Cannes. Il est ainsi parvenu à concevoir des films qui interpellent autrement le spectateur, et font appel à une autre partie du cerveau que ce qui est habituellement le cas. Avec ses montages sonores très travaillés, l'absence quasi-totale d'intrigue et de dramaturgie, il parle plus au subconscient du spectateur qu'à son esprit conscient. Ces films ne livrent pas de thèse « prête à consommer », ils soulèvent plutôt des questions, suscitent des états d'âme. Ils font vivre au spectateur une expérience fascinante, pourvu qu'il s'y abandonne et fasse preuve d'un peu de patience.

"Last days" s'inspire des derniers jours du chanteur du groupe Nirvana Kurt Cobain avant son suicide en 1994 à Seattle. Mais Gus Van Sant n'a pas fait de recherches approfondies sur la mort du chanteur, car son intention n'était pas de faire un documentaire, mais plutôt de s'inspirer librement de faits réels. Son film est comme un poème triste et troublant qui se décline en plusieurs actes. Faisant preuve d'une grande finesse, le cinéaste ne montre ni scènes de prises de drogue ni celle du suicide proprement dit. Il se concentre totalement sur l'état de somnambulisme de Blake – évidemment provoqué par la drogue – et le suit sans relâche dans les pérégrinations de ses dernières heures. « Le succès, c'est subjectif », dit Blake dans le film à l'un de ses amis. Ce succès, Blake le paie au prix fort, au prix de sa vie. 

Nana A.T. Rebhan

 

 


"Le rock 'n' roll est mort et on ne se sent pas très bien à la sortie de ce film que Gus Van Sant dédie à la mémoire de Kurt Cobain, disparu en 1994. Comme dans les deux précédents films du cinéaste Elephant, palme d'or ici même en 2003, et Gerry, sorti en 2004, le scénario s'inspire de faits réels relatés par les médias. Et improvise avec les matériaux de l'imaginaire. Last Days n'est pas une biographie du musicien. À peine une proposition tant le parcours intérieur de cet homme déjà en fuite de lui-même ne peut se concevoir au crible de la raison. De ses émotions restent l'écume et le mystère des jours, les derniers jours.

Seul dans une forêt obscure, un jeune homme, que l'on croirait bien éloigné du milieu de sa vie, vomit entre les arbres. On le suit tandis qu'il glisse vers des rapides. Filmés de l'autre rive, son corps vulnérable, sa marche bancale ne vaudraient pas grand-chose s'il était un

animal dans la jungle. Mais il se trouve dans une nature aussi enchantée que celle

décrite par le poète Thoreau. Et c'est en humain qu'il contemple les chutes d'eau et ajoute à leur vitalité un pauvre filet d'urine. Il marmonne, chantonne, minuscule dans sa tentative de vivre sur terre. Au coeur de ces terres justement, un grand manoir de pierre dont la façade en impose, à l'inverse de l'intérieur délabré où l'on verra Blake le musicien (Michael Pitt) errer dans ses fantasmes avec quelques membres de son groupe auxquels il est indifférent jusqu'à la transparence.

Plus solitaire, plus fantomatique, plus fou encore que Hamlet dans son Elseneur, Blake ne peut plus rien dire de son histoire. Et puis ce serait trahir le vrai Kurt Cobain. Celui dont la légende sulfureuse a donné lieu à des flots d'explications vaseuses, d'ordures parfois. Gus Van Sant ne nous en livrera que des fragments infimes, des signes comme abandonnés et laissés sur la rive par des voies extérieures. Quelques visiteurs viennent de l'autre monde, celui où l'on démarche les clients pour les publicités des pages jaunes, où des chrétiens prosélytes qui se nomment tous Elder Friberg déversent leurs contes à dormir assis, où le téléphone ne sonne que quand ça urge pour la future tournée, un morceau de contrat, un bout de famille.

Vêtu des oripeaux de sa propre tragédie, Blake sait qu'il a perdu quelque chose en route. De quoi se souvient-il ? Peut-être cette campagne, cette maison ont-elles un jour représenté le rêve de tout groupe qui grimpe : assez d'argent pour s'offrir l'amitié, la paix et la joie du rock. Il y aurait des lits partout, des guitares posées dans le salon, de la dope et des plâtrées de macaronis au fromage. Et de la musique. Gus Van Sant a choisi note par note celle de son film, avec les conseils de Thurston Moore de Sonic Youth. Les chansons d'amour au sirop sont interprétées par le groupe de jeunes Noirs Boyz II Men, Lou Reed et le Velvet Underground distillent le poison de Venus Furs. L'acteur Michael Pitt, lui-même musicien, révèle son talent.

Tout ce que nous aimons retrouver chez Gus Van Sant se tient dans le lieu unique d'où il compose cette méditation. Sons décalés, caméras qui ne s'empressent pas de saisir ce qui ne passe pas dans leur champ, sensibilité des acteurs. On sent à chaque

seconde le respect qu'il leur porte. Point d'interrogation fêlé, Blake n'est jamais ridicule. Filmé à distance ou de trop près, derrière des vitres ou de guingois, il offre pour seule certitude sa souffrance. Si Gus Van Sant parvient

à ce que les clichés du rock 'n' roll qu'incarne Blake s'effacent sous le pouvoir de ses démons, leurs oeuvres sont mornes. Restent quelques accords et un peu de cendre."

Dominique Widemann

Publié par annousti à 20:28:18 dans cinéma | Commentaires (0) |

Je vais bien, ne t'en fais pas | 27 juin 2007

 

 

 

 

[Je vais bien, ne t'en fais pas

 Je vais bien, ne t'en fais pas

Je vais bien, ne t'en fais pas

Je vais bien, ne t'en fais pas

Je vais bien, ne t'en fais pas

Je fais bien, ne m'en vais pas

Je fais rien, ne t'en veux pas

Je vais bien, Je m'en vais]
 

Publié par annousti à 11:29:57 dans cinéma | Commentaires (3) |

la femme .... | 19 décembre 2006

 

Depuis longtemps ce vers m'obsède... « la femme est l'avenir de l'homme » , version inversée du vers d'origine :« l'avenir de l'homme est la femme ». les deux propositions n'ont pas évidemment la même portée  selon que l'on se place du côté de la restriction de la notion « femme » ou de la restriction de la notion de l'avenir ...
Mais quand un vers d'Aragon sert de titre pour un film*, cela ne peut que susciter l'intérêt des spectateurs qui reconnaissent dans ce titre le vers célébré par Jean Ferrat. D'ailleurs, on ne peut qu'être intrigué quand on découvre que c'est un film coréen ayant été en compétition au festival de Cannes 2004. J'avoue que je me suis précipitée pour voir ce film mais, l'enthousiasme et la curiosité ont vite cédé la place à la désillusion.  En quelques lignes en voici le résumé (synopsis)

Hunjoo, jeune cinéaste qui n'a pas percé, revient des États-Unis et rend visite à son ami des années d'université, Munho, devenu professeur d'art plastique. Ils passent l'après-midi à boire et à évoquer des souvenirs, le principal étant celui de Sunhwa, la fille dont ils ont été amoureux tous les deux. Un peu ivres et séduits par la neige qui tombe, ils décident de rattraper le passé et de rendre visite à Sunhwa.**
 
La consultation du dossier presse nous révèle que le choix de ce titre n'était que le résultat du hasard. En effet, dans un entretien, le cinéaste dit avoir lu cette phrase sur une carte postale, lors d'une promenade à Paris (au quartier Saint-Michel) il y a quelques années. En outre, Hong Sang-soo précise que pour lui :
 « Ces mots sont si banals, ils embrassent des sens si larges, qu'ils finissent par ne plus avoir de sens du tout. (...). Le mot "avenir" décrit un temps qui n'est pas encore là, quelque chose de purement conceptuel, qui n'existe pas. Au bout du compte, le futur de l'homme n'est donc rien. La femme ne correspondrait donc à rien non plus. En fait, en trois mots, cette phrase ne dit rien. Elle est un vide mais ces trois mots contribuent à créer un état d'agréable confusion. "
En regardant ce film, on pourrait être choqué par cette conception de la femme qui, non seulement, n'est rien pour le cinéaste, mais parait n'être rien que le passé de l'homme. Un passé n'ayant aucune chance d'avoir un avenir...Faudrait –il aussi ajouter que la femme selon Hong Sang-soo  se limite à n'être qu'un simple objet de désir, un objet sexuel ? C'est ce qui ressort de l'attitude des deux protagonistes « mâles » avec la femme -soit disant- « aimée ». Une attitude à la limite de la vulgarité générée surtout par l'abus d'alcool qui constitue le principal motif du film. On aurait aimé voir dans ce film la conception d' Aragon de la femme moderne : une femme qui sera pour l'homme une rencontre, un croisement pour faire naître l'avenir, pour créer ensemble ce jour « couleur d'orange ». le cinéaste nous semble ne pas avoir saisi le sens de ce vers. Il en aurait compris le sens profond si seulement il avait lu le poème « Zadjal de l'avenir » ( dans Le Fou d'Elsa) dont on ne citera que quelques vers mais qui gagne à être connu  « L'avenir de l'homme est la femme/Elle est la couleur de son âme/(...)/Je vous dis que l'homme est né pour/ La femme et né pour l'amour/Tout du monde ancien va changer/(...)/On verra le couple et son règne(...) ». On pourrait finalement ajouter, face à la banalisation de ce beau vers, ce qu'Aragon a écrit au début du Fou d'Elsa : « un homme n'est qu'un instrument préparé pour les mains d'une femme. Et pour elles, ce sont plus que toute chose, les douleurs et les rêves qui le modèlent, le façonnement de la brute qu'il était ...»...
____________________________________________
On me dira alors pourquoi on regardera ce film après une critique au vitriol ? Je répondrai ce sera pour réfléchir sur ces deux mots « femme » et « avenir » pour  les confronter, les malaxe, les opposer, les apposer et les imposer dans un contexte plein de mouvances et de débats...
L'avenir est il femme puisque la femme est celle qui enfante, qui donne vie etc. Où parce que la femme, égal de l'homme ne peut être évincée de la construction de cet avenir ?
La femme est l'avenir...de la femme certains, féministes ou pas,  diraient...Et ainsi ils /elles voteraient** Ségolène puisque c'est une femme et » elle fera des choses pour les femmes » et parce que « c'est bien d'avoir une femme- président pour une fois ..une fois » et puis « c'est bien de mettre un peu de rose dans ce ciel d'uniformes gris »...
            Et si Aragon avait été encore parmi nous ? IL aurait voté pour une femme, certainement...Marie-Georges Buffet, évidemment...
Voilà, je m'écarte de la critique du film !ça reste un « Or-sujet »...Et l'homme , l'homme, l'Homme ?
________________
*disponible en DVD  
** Voir l'article « La femme est l'avenir de l'homme » sur Wikipédia.
*** Votre humble serviteur(e) n'a pas le droit de voter mais se permet le droit de faire comme si...                                   
   

 

Publié par annousti à 12:34:17 dans cinéma | Commentaires (0) |

fait maison | 23 avril 2006

...correspondance à Chatelet...ambiance ....

Publié par annousti à 16:40:25 dans cinéma | Commentaires (0) |

si seulement...c'était aussi facile que ça | 15 avril 2006

....mais non...nous sommes des pantins plutôt que des marionettes...mais les fils ne nous appartiennent pas...

Publié par annousti à 19:45:33 dans cinéma | Commentaires (2) |

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y naissent des mots déments





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