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Inès A.

Au café bleu de la poésie

InèsFM

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botte de foin

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la veine en terre | 10 mars 2007

En terre vaine

Pourquoi pleurer ? dis-tu, tant et tant qu'étonnée je n'évoque
plus rien
Je m'habitue à la douleur et c'est tournée vers toi que je me
pends
des lèvres, en femme qui exulte ou seulement remue, si peu
modeste
Mon corps navigue de côté pour offrir moins de prise,
t'affronter à genoux
à deux mains et de loin, mon corps refuse ou frappe, le tien
dresse des bornes
Et si ton nom substituait le mien, s'il m'écourtait, contre,
dressée
tant et tant que modeste, debout dans ma chemise, je n'évoque
plus rien
et que je me demande : Pourquoi pleurer la terre vaine de
l'amour ?

Marie Etienne

Publié par annousti à 10:02:54 dans peau êtes | Commentaires (0) |

Les orties | 09 mars 2007

 

"Un jour viendra, c'est sûr, de la soif, apaisée,
nous serons au-delà du souvenir, la mort aura
parachevé les travaux de la haine,
je serais un bouquet d'orties sous vos pieds,"
                                  Benjamin Fondane

Publié par annousti à 10:47:40 dans notes de lecture | Commentaires (0) |

[ Le printemps des poètes] | 08 mars 2007

 

[Chroniques peau-et-tics]

 

Il y a des rencontres que l'on n'oublie jamais...

Hier soir, je me suis rendue compte que ma plus belle histoire d'amour est incontestablement la poésie...LA poésie...

L'après-midi, j'avais les idées en œufs brouillées qui s'agglutinaient sur mes mains. Je voulais m'évader. Il faisait beau, le soleil brillait avec insolence dans le ciel parisien. Non, ce n'est pas un temps à s'engouffrer dans un café, ce n'est pas un temps pour une terrasse car les terrasses à Paris ne sont pas de vraies terrasses. Les voitures sont là, elles bouffent l'oxygène de ce dehors qui m'ouvre les bras. Ah ! Le printemps, le printemps me donnent des ailes ! Du moins l'envie des ailes. Soudain mon regard croise la brochure bleue que m'a gracieusement prêtée mon chef de chœur. Le printemps c'est aussi celui des poètes. Ai-je oublié le printemps des poètes ? Je n'avais jamais vraiment assisté à cette manifestation non pas par paresse mais parce que je ne voulais pas y aller seule. J'invitais des amis et personne ne répondait car selon eux la poésie c'est quelque chose de « dépassé », c'est quelque chose d' « hermétique » et puis les poètes ... « ah qui nous débarrassera dites- vous des poètes »...Les poètes ce sont, des fous, des dandy, des gens qui ont du génie ...les poètes d'aujourd'hui (nos contemporains)? « Ils en existent ? », on ne les connait pas car ce sont des gens trop intello, trop bobo, trop narcissiques...

c'est ce genre de commentaires que j'entendais et qui faisaient que pour plusieurs « ils ne sont pas très poésie », « la poésie n'est pas (leur) tasse de thé, ni de café » , « (ils) n'aime pas la poésie »...Justement « je n'aime pas la poésie » sonne comme une explication qui n'explique rien, un verdict qui sonne comme une forme de racisme..Oui, c'est comme dire « je n'aime pas les arabes «  ... On oublie qu'on développe souvent une forme d'allergie à ce qu'on n'aime pas. On fuit ce qu'on n'aime pas comme la peste. Mais la poésie ne demande rien qu'à être entendue, vue...Elle s'échappe du grand marché de l'art. La poésie est partout, elle est dans notre quotidien, dans les rues de Paris, dans les asiles des fous et des sages, sur le canal saint martin, sur le pont des arts , sur tous les ponts qui nous font passer d'une rive à l'autre, les lieux des regards croisés ...

 

En fixant la brochure je me suis dit : la poésie c'est avant tout une affaire personnelle... c'est MON affaire..

Si j'aime la poésie et les poètes, si j'écris des poèmes à perdre la tête c'est que cette passion est une partie de moi...Pourquoi en avoir presque honte ? Pourquoi ne pas parler de ces poètes dont j'aime la poésie et qui ne sont pas morts (On a tendance à ne rendre les hommages qu'aux morts, hélas)...Ces poètes, nos contemporains, que je savoure (j'insiste sur « savourer »)...Ces noms inconnus, méconnus comme Tahar Bekri, Charles Dobzynsky, Jean Ristat, Colette Nys-Mazure...et tant d'autres...

Pourquoi avoir presque honte de dire « Oui, J'écris » Pourquoi cette envie de nier (est-ce un crime d'écrire des poèmes d'expression française ?),  dire : oui c'est mon nom sous la photo mais ce n'est pas moi qui ai écrit ça... (et la petite voix qui dit :mais si, mais si c'est toi, je te reconnaîs)...Non... Ce n'est pas moi c'est une autre qui me ressemble ...mon double comme dirait Musset. JE est un Hôte. Peut-être...

Mais Ce double n'est en fait que...mon cœur...Ce cœur qui fait que je suis moi...Moi avec ma folie, avec mes délires... Et puis je ne cherche pas à plaire...Je ne fais que m'effacer, effacer les traces des lyres, ne pas parler de ces vers libres de toute règle à part celle que me dicte mon cœur, mon oreille...ne pas parler de cette main qui écrit cette musique qui vient du « corazon » et qui murmure des mots doux, des mots rebelles qui sont autant des fils qui me tiennent en vie !

 

Mais pourquoi, face à la curiosité des autres, le vivais-je comme une tare, un défaut de fabrication, un gène défectueux, un grain de beauté de trop ? Pourquoi me sentais- je dénudée en public quand j'ai vu ma petite tête, mes yeux souriant sur cette affiche ? Pourquoi avais-je tout fait pour ne pas croiser mon regard sur cette affiche ? Pourquoi avais-je bafouillé quand une de mes copines choristes m'a dit en plein répétition générale « est-ce toi qui fais des poèmes » ? Ah la moche grimace que j'ai faite et puis la série de « euh euh pardon  tu parlais de « qui as tué grand- maman »  »...c'était le verbe faire que je percevais...faire des poèmes comme faire des dessins, des marionnettes, des croquis...Je fais du poème comme on fait du tricot, de la borderie, du piano...

 

Et j'ai fixé la brochure. J'ai baladé mes yeux. J'ai souligné, encadré en rouge. J'ai appelé pour réserver même si l'entrée est libre...JE me suis dit qu'avec des noms comme Eve Griliquez (que je ne connaissais pas mais dont le nom me donnait cette impression de personne dont la rencontre vous change la vie, positivement) et Francis Lalanne (dont je me souviens de la sensibilité toujours ironisée sur les plateaux tv et qui portant témoigne de cette âme-poète) L'amphithéâtre Guizot sera plein à craquer et que je veux une place dans les premiers rangs...Je veux sentir les frémissement de la voix, le frisson qui parcourt la main qui tient le micro, guetter la larme dans l'œil du diseur...

 

Je voyais l'affiche « LE 19 mars, La clef des chants : Le chant des poètes », la photo des copines et puis ma photo avec mon nom « Poèmes de »...J'ai tourné le dos... Je me suis dit :

 

« Allez... tu feras tes preuves le 19 mars et tout ira bien...Tu vas me lâcher avec ça ?! Arrête d'avoir peur, oui tu as toujours un problème de jambe droite qui ne cesse de trembler une fois sur scène...Je sais que tu en as marre de ce tremblement car il te donne le vertige...Je sais, tu te sentiras comme d'habitude comme une feuille d'automne qui tient à un fil infime...je sais il y a du vent qui souffle fort, la pluie martyrise les vitres...Je sais...Tu es une feuille d'automne...et alors ? Une feuille d'automne a aussi une couleur, une belle couleur, la caresse du soleil...

Ah tu aimes plus les poèmes des autres que les tiens, les tiens qui te paraissent étrangement étrangers...Eh bien dis-donc tu es trop compliquée ma fille... et puis il n'y a pas de mal à être plus imprégnée par les textes des autres, les tiens tu improviseras dessus car finalement c'est ça ton problème : tu ne peux t'empêcher d'ajouter à la dernière minute un mot, un vers, un refrain, un silence...et puis les lapsus, tu es la reine des lapsus ! y a pas de mal à se tromper et remplacer « excluent » par « expulsent » dans ce poème de toi que tu as dis plusieurs fois pour échopper sur le même passage....Il n' y a pas de mal à t'attarder sur le mot « furtif » pour sourire un peu comme tu sourirais à un amoureux dont le regard n'est point furtif...Il n'y a pas de mal à s'arrêter au beau milieu d'un vers...Il n' y a pas de mal à ne pouvoir s'arrêter à la fin d'un vers...

Il n'y pas de mal à lire...même si tu aimes souvent être libre, donner une voix pleine, faire sonner pleinement ce grain de la voix au lieu qu'il se perd un peu entre le feuille de papier et l'horizon...Oui sans feuille, tu établis un rapport plus fusionnel avec les autres, tu les touches, tu dialogues avec leurs regards, leurs silences...Tu ne t'évanouis pas »

 

Et voilà Eve, belle charmante, sympathique généreuse...Généreuse...la poésie c'est cette émotion généreuse...seule l'émotion compte avec ou sans une feuille de papier en main...mes cogitations n'avaient pas lieu d'être...les autres, on les touche même avec des yeux présents ailleurs...parce que ce qui touche c'est le silence avant les mots, le silence après les mots ...les mots qui font leur chorégraphie devant les yeux d'enfants émerveillées.

 

J'étais surprise de voir s'évanouir ma solitude...Les gens se déplacent, sortent le soir pour écouter la poésie. C'est magnifique ! C'est magnifique je n'avais que ce mot sur le bord des lèvres ! La poésie est toujours en vie grâce à ces passeurs de mémoire, de frissons et de frémissements d'ailes...

J'ai entendu un court dialogue entre Une jeune femme et ma voisine :

-                     par quoi il faut commencer pour lire la poésie 

-                     tu peux acheter une anthologie par exemple

Pourquoi n'avais-je pas le courage, l'insolence de dire, de surprendre en disant :

 Eh bien jeune fille, il faut commencer par prendre le métro, la dernière voiture, tu lèves les yeux et tu liras un poème de quelques vers. Quelques vers, comme des prières, comme des chapelets que l'on égrène, qui feront que ta journée devienne plus belle...Ce sont des mots qui nous accompagnent quand on attend un métro qui ne vient pas ...ou quand on est serré comme dans une boite de sardine et qu'on a les mains accrochées à une barre d'acier et qu'on veut oublier cette barre qu'aurait touchée des milliers de gens...

Donc dernières voitures...

Mes préférées sont celles des lignes orange et marron (lignes 5 et 10)...Je préfère la poésie à la pub pour LogImmo (quelque chose dans ce genre) ou Acadomia...

Ces morceaux de poésie ont longtemps égayé mes trajets ...

 

[Je quitte l'amphithéâtre Guizot. Je ralentis le pas en poussant la porte vitrée. Je devine le visage de Victor Hugo appuyé sur la main gauche. Je lève les yeux à sa hauteur et je souris (Bonsoir Monsieur Hugo !)]

 

Après la soirée d'hier je suis rentrée épanouie...épanouie de la générosité de ces artistes. Je suis encore habitée par la voix lacérée de belle douleur de la chanteuse Clara Moreau improvisant une chanson (poème d'une poétesse dont le nom m'a échappé) « Gracias la vida » O merci la vie...Merci la poésie de me/nous rendre plus belle la vie !

Vive le printemps, Vive la poésie !

________________

[En écoute] Adόnde están los poetas ?, Un poème dit par Eve Griliquez que j'ai entendue juste au moment d'écrire « Vive la poésie ! »

[En aparté] Je viens de remarquer la répétition de « Je me suis dit »... « ah ! tu n'en as pas assez de toutes ces histoires que tu te racontes et toutes ces mers que tu prends ? ! »

  

 

Publié par annousti à 13:58:44 dans peau êtes | Commentaires (0) |

Notes nostalgiques [rue des cascades] | 25 janvier 2007




 

 

 

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en aparté:

Je fais avec...les cascades






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[dans mon casque]






Publié par annousti à 13:32:19 dans musique | Commentaires (0) |

Les valises d'Ernestine | 25 janvier 2007


Sur la place du marché...


- 10 euros pour un cartable*...10 euros pour le droit à l'éducation des enfants palestiniens
- Je n'ai rien dans mes poches ça fait longtemps qu'elles sont trouées. Et pour les billets, je n'ai que des billets que je poste plus au moins régulièrement..des bielles en lettres ou en notes
- Ce n'est pas grave , faites circuler

-par contre je vous ramène des stylos de couleurs, des crayons de couleurs, des sourires de couleurs

-je vous offre ce CD trois titres de Lulu

- [le prénom Lulu me fait rire: je pense "Un gars/une fille"] Ô merci...


[en d'autres circonstances j'aurai refusé..mais je ne peux pas refuser la musique...ni les roses, d'ailleurs]








le CD a traîné dans mon sac...

MAis il est presque le seul survivant de la pluie du samedi [je déteste les parapluies et tant pis pour le coin de paradis ]..heureusement que mes papiers étaient plastifiés ..ce n'était pas le cas hélas de mon carnet de bord...

C'était peut-être un signe? [l'encre diluée, les pages collées...]
le CD dans le lecteur...Il ya cet instrument qui me rappelle les compositions de Yann Tiersen pour Amélie [comment on appelle ça?]...

JE lisais le texte...
je voyais mon visage dans ce prénom, erNEStIne.
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opération lancée par L'Humanité (le journal)

Publié par annousti à 11:59:25 dans les rendez-vous d'Inès | Commentaires (0) |

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