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Inès A.

Au café bleu de la poésie

InèsFM

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botte de foin

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Je suis pour le terreau(r)isthme | 29 mars 2007

 

"

Je suis pour le terrorisme

 

De terrorisme on nous accuse
Si nous osons prendre défense
De notre femme et de la rose
Et de l'azur et du poème
Si nous osons prendre défense
D'une patrie sans eau sans air
D'une patrie qui a perdu
Sa tente et sa chamelle
Et même son café noir.
De terrorisme on nous accuse
Si nous osons prendre défense
De la crinière
De la reine de Saba
Des lèvres de Maysoun
Des noms de nos plus belles filles,
Du khol qui de leurs cils
En pluie retombe
Comme une chose révélée.
Certes vous ne trouverez pas
En ma possession
De poésie secrète
Ni de parler énigmatique
Ou des ouvrages clandestins,
Et par devers moi je ne garde
Aucun poème traversant
La rue, caché derrière son voile.
De terrorisme on nous accuse
Quand nous décrivons les dépouilles
D'une patrie
Décomposée et dénudée
Et dont les restes en lambeaux
Sont dispersés aux quatre vents...,
D'une patrie
Cherchant son adresse et son nom...
D'une patrie ne conservant
De ses antiques épopées
Que les élégies de Khansa...,
D'une patrie
Où ni le rouge, ni le jaune, ni le vert
Ne teignent plus les horizons...,
D'une patrie qui nous défend
D'écouter les informations
Ou d'acheter quelque journal...,
D'une patrie où les oiseaux
Sont censurés dans leurs chansons,
D'une patrie où, terrifiés,
Les écrivains ont pris le pli
D'écrire la page du néant...,
D'une patrie
Qui ressemblerait dans sa forme
A la poésie
Dans notre pays
Sorte de langage égaré
Improvisé
Sans aucun lien avec les êtres
Sans aucun lien avec leur terre
Ni avec les problèmes
Dans lesquels ils se débattent vainement,
D'une patrie allant pieds nus
Et sans aucune dignité
Vers la paix négociée...
D'une patrie
Où les hommes pris de panique
Ont fait pipi dans leurs culottes
Et où ne restent que les femmes.
Le sel amer est dans nos yeux
Et sur nos lèvres,
Il est dans nos propres propos.
Notre âme a-t-elle été touchée
De stérilité héritée
Léguée par la tribu Kahtane.
Dans notre nation,
Il n'y a plus de Mu'awya
Plus de Abu Sufiane
Plus personne pour crier "Gare" !
A la face de ceux qui ont abandonné
A autrui notre foyer
Et notre huile et notre pain
Transformant notre maison
Si heureuse en capharnaum.
Il ne reste plus rien de notre poésie
Qui n'ait sur le lit sur tyran
Perdu sa virginité.
Du mépris nous avons pris
Le pli de l'habitude.
Que reste-t-il donc de l'homme
Lorsqu'il s'habitue au mépris ?
Je recherche dans les feuilles de l'Histoire
Usaman Ibn Munkid
Okba Ibn Nafi',
Je recherche Omar,
Je recherche Hamza,
Et Khalid chevauchant
Vers la Grande Syrie,
Je recherche al Mu'tacim
Sauvant les femmes
De la barbarie des envahisseurs
Et des furies des flammes,
Je recherche dans ce siècle attardé
Et ne trouve dans la nuit
Que des chats apeurés
Craignant pour leur personne
Le pouvoir des souris.
Avons-nous été atteints
De nationale cécité ?
Ou bien tout simplement
Souffrons-nous de daltonisme ?
De terrorisme on nous accuse
Quand nous refusons notre mort
Sous les râteaux israéliens
Qui ratissent notre terre
Qui ratissent notre Histoire
Qui ratissent notre Evangile
Qui ratissent notre Coran
Et le sol de nos prophètes.
Si c'est là notre crime
Que vive le terrorisme !
De terrorisme on nous accuse
Si nous refusons que les Juifs
Que les Mongols et les Barbares
Nous effacent de leur main.
Oui, nous lançons des pierres
Sur la maison de verre
Du Conseil de Sécurité
Soumis à l'empereur suprême.
De terrorisme on nous accuse
Lorsque nous refusons
De négocier avec les loups
Et de tendre nos deux bras
A la prostitution.
L'Amérique
Ennemie de la culture humaine
Elle-même sans culture,
Ennemie de l'urbaine civilisation
Dont elle-même est dépourvue,
L'Amérique
Bâtisse géante
Mais sans murs.
De terrorisme on nous accuse
Si nous refusons un siècle
Où ce pays de lui-même satisfait
S'est érigé
En traducteur assermenté
De la langue des Hébreux. "

POEME DE NIZAR KABBANI  

Traduit par Mustapha EL KASRI

Publié par annousti à 16:10:02 dans notes de lecture | Commentaires (0) |

partir [Voix de la cave] | 29 mars 2007

Publié par annousti à 13:08:43 dans notes de lecture | Commentaires (0) |

"Il nous manquait un présent" | 28 mars 2007

"Partons tels que nous sommes :
Une dame libre
Et son ami fidèle.
Partons ensemble dans deux chemins.
Partons tels que nous sommes, unis
Et séparés.
Rien ne nous fait mal,
Ni le divorce des colombes
Ni le vent autour de l'église ...
Ou le froid au creux des mains.
Les amandiers n'ont pas assez fleuri.
Souris et ils fleuriront encore
Entre les papillons de tes fossettes.

Sous peu nous aurons un autre présent.
Retourne-toi, tu ne verras
Qu'exil, derrière toi :
Ta chambre à coucher,
Le saule de la place,
Le fleuve derrière les immeubles de verre
Et le café de nos rendez-vous ... tous, tous
Prêts à se muer en exil.
Soyons donc bons !"

Mahmoud Darwich

Publié par annousti à 17:27:30 dans notes de lecture | Commentaires (0) |

LE journal permanent de la poésie | 27 mars 2007

J'aime retrouver tous ces mots, ces mots de ces autres moi-même, ces mots qui allient à la fois magie et pouvoir...

Tous ces mots qui sont tels les oeufs du nid, ces mots hébergés par un journal qui change depuis quelques temps mon quotidien. JOurnal virtuel certes, mais pages que je feuillette comme un journal en papier (et ce n'est pas toujours facile de trouver une âme bienvaillante pour m'imprimer le lien avant la sortie du travail)...

Je rêve du jour où avant de prendre le métro à République (à tous les coups elle tourne le dos) je vois des jeunes gens distribuer non seulement la 'fameuse' presse gratuite d'information (quelle information en fait?) mais surtout (à la place peut-être) Le gratuit de la poésie (une sorte de format papier du journal permanent de la poésie tel qu'il est conçu par Florence Tocmé)...

JE ne veux plus attendre ni le Salon du Livre (avec son brouhaha insoutenable parfois surtout le samedi et le dimanche) ni le marché de la poésie (où parfois on a du mal à s'arrêter devant un stand tellment les gens se bousculent à faire dédicacer des recueils qu'ils ne liront peut-être pas) ....

 

JE ne veux plus attendre toutes ces manifestations ponctuelles (et qui me ruinent souvent à vrai dire) pour faire l'amour avec les mots, avec ces 'voix d'encre ' qui devraient être des voies d'ancres dans nos yeux de passants...

Lire la poésie ne devrait pas être l'affaire d'une 'élite' intellectuelle...

Lire la poésie devrait être l'affaire de tous...

Un livre (de poésie ou autre) n'est pas fait pour moisir dans une bibliothèque (je pense à tous ces gens qui sont emmerdés de recevoir des livres comme simple héritage et qui cherchent tous les moyens pour s'en débarrasser ... ah! donnez- les moi ces livres...donnez-lez! faites-les VIVRE, p.tain!)..Un livre est fait pour être ouvert, pour être marqué de post-it qui sont autant de haltes de lectures, des escales en marque -page, des signes que quelque part dans telle ou telle page on a croisé quelque chose qui nous a ému, qui nous a séduit ..."scotché'...

Un livre est fait pour être ouvert, pour servir de relais, de balises dans un monde où le trivial nous prend de plus en plus au cou...

Arrêtons -nous de prendre des coups...

 Arrêtons -nous de faire les imbéciles en suivant la 'mouvance' générale...

TRavailler travailler travailler....jusqu'à s'user mais quelle place pour la culture?

Rappel: pour tous vous commentaires, prière de me mailer.

 

__________________ [en écoute: CAtherine SAuvage, "LA poésie Fout le camp Villon"...Depuis le temps que je répète qu'il y a ballade et balade, il était temps...!]

Publié par annousti à 09:21:45 dans peau êtes | Commentaires (0) |

énigmatiques ratures | 26 mars 2007

quand j'ai commencé il y en avait plus que 4400...5000 peut-être un peu plus ...aux premiers signes de fatigue ils étaient 4200... ne pas garder les traces ...faire comme si on écrivait au bord de la plage...marée basse faire comme si on n'était pas passé par là... chercher dans une autre liste..alphabétique celle-là...chercher tous les noms tous les noms loup-garous..Ne plus hésiter à faire des tours de main...n'être que présent..abracadabra

Publié par annousti à 11:59:08 dans nostalgies et autres pensées bordéliques | Commentaires (0) |

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