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Inès A.

Au café bleu de la poésie

La poésie du métro | 15 mai 2007

Depuis que je croise la poésie dans le métro, tout me parait plus ...supportable...Il m'arive même de croiser la même strophe en quittant la ligne 5 pour faire la correspondance et prendre la 10...Ah! Ligne 5, ligne de l'amour, ligne des poèmes d'amour...Surtout les vers de Molière:

Souffrez qu'Amour cette nuit vous réveille ;
Par mes soupirs laissez-vous enflammer ;
Vous dormez trop, adorable merveille,
Car c'est dormir que de ne point aimer.
 et je me répète pendant cinq arrêts: Car c'est dormir que de ne point aimer.
Car c'est dormir que de ne point aimer.
Car c'est dormir que de ne point aimer.
Car c'est dormir que de ne point aimer.
Car c'est dormir que de ne point aimer.
Car c'est dormir que de ne point aimer.
Car c'est dormir que de ne point aimer.


 et pourtant je croise plus souvent les vers de G. d'Aquitaine, "Par la douceur du temps nouveau":

 De notre amour il va ainsi
Comme une branche d'aubépine
Qui est sur l'arbre et dans la crainte
La nuit au gel ou à la pluie
Mais le matin sous le soleil
Feuille et verdit tout le rameau
 et là hélas me revient le générique d'un feuilleton français au ras des pâquerettes.

Publié par annousti à 08:48:29 dans les rendez-vous d'Inès | Commentaires (10) |

L'inspecteur Ali | 09 mai 2007

« – Brahim Orourke, ça sonne arabe, berbère si vous préférez. Voici ce que je vous propose.
Il prit un stylo et écrivit sur son bloc notes : B. O'Rourke. Expliquant :
– Votre nom restera le même : Orourke. On le prendra dans la seule acception qui s'impose : patroyme  irlandais, voire américain. Surtout si on lui adjoint une apostrophe : O'Rourke. L'œil du lecteur occidental est curieusement conditionné. Je vous garantis que personne n'ira imaginer que c'est un nom berbère. [...] Votre livre se vendra partout, comme tout ce qui vient des States. »

Driss Chraïbi, L'inspecteur Ali (Folio Gallimard, pp. 81-82)
____________________
 
 
Retrouvez d'autres textes sur Le site Le matricule des anges , Ecrivains en campagne.

Publié par annousti à 14:16:47 dans notes de lecture | Commentaires (0) |

Pas de place pour L'internationale | 06 mai 2007

Internationale
(Inspirée par un texte du slameur Moonir)
  

Pour être franche

Je ne suis pas du tout étanche

Je me considère comme fran-çaise

Même quand j'étais là –bas

Enfant Fanfan jouant sur la falaise         

Mais depuis que je suis là

Sans plus rien d'une reine

Sans même le droit de sauver mes rêves
en votant l'amour qui germe sur la grève
 

Je vous avoue avoir l'impression

De rester pour vous l'étrange tunisienne

Étrange étrangère polygame

Depuis 2001 je fais mes gammes

Et j'apprends de jour en jour

De la France de mes écueils

Que je suis en fait Internationale

De mes seuils à mes feuilles

Comme vous que vous soyez

De Bonneuil ou de Montreuil

De Saint- Denis ou de Créteil

Vous portez une montre à l'œil

Coureurs de rêve et d'idéal

As de pique As de cœur

Comme vous je cherche des sandales

Je suis Alice sans malice ni rancœur

Je rythme ma milice et ma monture

Avec une centrifugeuse de cultures

   

Mes valises débordent de balises

Venant de partout

J'ai ainsi la patience d'une hindoue

Qui sait être au- dessus des remous

J'ai la fierté légendaire d‘un arabe

Ne soyez pas étonnés de voir ici ou là

Des anciennes ballades et des airs de rabab

Je ne les brade pas et Rien ne peut me faire parade

 

J'ai l'abnégation d'une chinoise

Qui me permet de ne pas rester pantoise

J'ai l'imagination d'une américaine

Et si tu me rencontres en poésie sous-terraine

Fais donc gaffe à tes gènes et tes veines

J'ai l'érotisme d'une antillaise

Que ce soit sur une musique Zouk ou raï

Je bouge mes fesses et avec mes entrailles

J'entonne des youyous en fa dièse

 

J'ai une langue adultère une amante française

Et comme elle

Il faut savoir être balèze

J'ai le silence d'une russe

Si Mes pensées sont d'or

 Ma voix ne s'endort pas

Car c'est mourir de remords

Comme un chien mordu par les puces

 

J'ai aussi la gestuelle d'une italienne

Même si je passe souvent pour une Alien (e)

J'ai le rythme d'une espagnole

Et quand je slame mes états d'âme

Je réclame le flamenco des paroles

Des poétesses Ces grandes dames

 

J'ai en plus la finesse d'une anglaise

Et autour d'un thé sans les braises

Et sans l'ombre des parasols

Je sais reconnaître un passé de foutaises

[Ainsi que le charme de Byron  Heine

 Goethe Rilke Nietzsche ou de Grazyna Miller]

 

J'ai l'ouverture d'esprit d'une canadienne

Mon accent comme mes tics est une parure

Qui me donne une carrure qui est la mienne

[Je fais entendre aux ordures la complainte du phoque
 Contre les rois loufoques pour qui je destine le verbe ‘to F..K'
Laissez-moi un mur pour graver l'horreur l'aphasie mentale
Cette bavure monumentale de l'homme nommée l'erreur boréale]
  

J'ai un ancrage dans des origines diverses

Et quand je détache mes cheveux de gitane

Je sais que j'ai Un charme qui renverse

Et si tout s'agite au tour de moi

Je garde pied de Titan sur un sol en titane

 

J'ai le sens de la conversation d'une portugaise

Je sais protéger ceux que j'aime contre la haine

Et je refuse sans en être confuse d'être un port de glaise

 

J'ai le sens du combat d'une Africaine

D'elle j'ai hérité ces mots que je tresse

Cette trace du labeur et de la peine

Le feu dans les mains de détresse

 

Je porte en moi la souffrance d'une palestinienne

Les larmes de l'orpheline

Le deuil des veuves les mots du groove

Des femmes de laves qui louvent

Qu'elles soient libanaises ou israéliennes

C'est toujours la même douleur qui couve

Qui nous fait lâcher des hyènes

Sans nous briser les ailes par un excès de zèle

 

Je n'ai pas besoin de chars ni de bombardiers

J'écoute l'acharnement de la pierre des quartiers

Le cœur en obus les mots en roquettes

J'ai dans mes poches des poèmes en grenades

Des haïkus de feu et des coups de mitraillettes

Et pour l'amour de vous qui me serrez des sérénades

  

Pour vous plaire je ne me servirai pas des paillettes

Car pour l'internationale desservie qu'on affame

Avec des promesses à la rame du bonheur qu'on émiette

Il y a la mare tourmentée la quête inquiète d'une femme

Une femme de feu d'air d'eau et de terre

Une femme en rose de sable et en étoile de mer

Une femme qui a l'âme des amarres funambules

Arrimée à des embarcadères en la(r)mes somnambules

 © Inès A.
Encore Une pierre levée

Publié par annousti à 22:12:44 dans nostalgies et autres pensées bordéliques | Commentaires (4) |

A comme | 06 mai 2007

une liste d'adjectifs

une liste de mots

des additifs hâtifs

des remous de 'gris-mots' [grumeaux/ grue-maux]

A comme Anéantie

comme Amère

comme Abattue

comme Accablée

comme Atristée

comme Anéantie (tiens je l'ai déjà dit)

- Allô Docteur...C'est Urgent ...le virus résiste aux médicaments...

 

 

 

[Cinq ans après]

 

-ouvrez la bouche et dites A

- A A A j'ai mAl ... AIE

J'aurais aimé que mon I porte un accent Circonflexe et continuer à manger des cornflex en oubliant mes réflexes, mes complexes et mes réflexions à la con (envie de brûler tous lmes poèmes d'amour toutes mes lettres à France qui étaient autant de bouteilles à la mer)

_________________

les commentaires sont OUVERTS

Publié par annousti à 21:50:09 dans peau êtes | Commentaires (5) |

Ces poètes qui ont le coeur en geyser | 27 avril 2007



Regret

Je caresse la fleur que tu m'as donnée.
Son parfum est maintenant amer
et ses pétales s'affaissent.
Si je l'embrasse
ses pétales tombent,
mais le calice demeure
il pleure.


Un Poème

Je ne peux pas t'oublier
la nuit je ne peux pas dormir
Tes mots étaient parfois comme des couteaux
parfois comme des cloches

et nous avons fait du feu sur une montagne
depuis elle se souvient de nous
La bruyère a chanté
toutes les herbes ont chanté
notre amour

et je ne peux pas t'oublier
je ne peux pas dormir la nuit.


Nína Björk Árnadóttir

_____________

[de la peine] "LA disparition d'un grand nom de la musique"...Il est venu Jouer près de la tombe d'Elsa Triolet (son amie) la suite n°5 de BAch (qu'elle aimait)

et moi... J'adore Tout BAch!

 

 

 

_______________ Photo Inès A. LE 05-05-2007

Publié par annousti à 17:28:14 dans notes de lecture | Commentaires (0) |

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