J'aime retrouver tous ces mots, ces mots de ces autres moi-même, ces mots qui allient à la fois magie et pouvoir...
Tous ces mots qui sont tels les oeufs du nid, ces mots hébergés par un journal qui change depuis quelques temps mon quotidien. JOurnal virtuel certes, mais pages que je feuillette comme un journal en papier (et ce n'est pas toujours facile de trouver une âme bienvaillante pour m'imprimer le lien avant la sortie du travail)...
Je rêve du jour où avant de prendre le métro à République (à tous les coups elle tourne le dos) je vois des jeunes gens distribuer non seulement la 'fameuse' presse gratuite d'information (quelle information en fait?) mais surtout (à la place peut-être) Le gratuit de la poésie (une sorte de format papier du journal permanent de la poésie tel qu'il est conçu par Florence Tocmé)...
JE ne veux plus attendre ni le Salon du Livre (avec son brouhaha insoutenable parfois surtout le samedi et le dimanche) ni le marché de la poésie (où parfois on a du mal à s'arrêter devant un stand tellment les gens se bousculent à faire dédicacer des recueils qu'ils ne liront peut-être pas) ....
JE ne veux plus attendre toutes ces manifestations ponctuelles (et qui me ruinent souvent à vrai dire) pour faire l'amour avec les mots, avec ces 'voix d'encre ' qui devraient être des voies d'ancres dans nos yeux de passants...
Lire la poésie ne devrait pas être l'affaire d'une 'élite' intellectuelle...
Lire la poésie devrait être l'affaire de tous...
Un livre (de poésie ou autre) n'est pas fait pour moisir dans une bibliothèque (je pense à tous ces gens qui sont emmerdés de recevoir des livres comme simple héritage et qui cherchent tous les moyens pour s'en débarrasser ... ah! donnez- les moi ces livres...donnez-lez! faites-les VIVRE, p.tain!)..Un livre est fait pour être ouvert, pour être marqué de post-it qui sont autant de haltes de lectures, des escales en marque -page, des signes que quelque part dans telle ou telle page on a croisé quelque chose qui nous a ému, qui nous a séduit ..."scotché'...
Un livre est fait pour être ouvert, pour servir de relais, de balises dans un monde où le trivial nous prend de plus en plus au cou...
Arrêtons -nous de prendre des coups...
Arrêtons -nous de faire les imbéciles en suivant la 'mouvance' générale...
TRavailler travailler travailler....jusqu'à s'user mais quelle place pour la culture?
Rappel: pour tous vous commentaires, prière de me mailer.
__________________ [en écoute: CAtherine SAuvage, "LA poésie Fout le camp Villon"...Depuis le temps que je répète qu'il y a ballade et balade, il était temps...!]
Publié par annousti à 09:21:45 dans peau êtes | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par annousti à 11:59:08 dans nostalgies et autres pensées bordéliques | Commentaires (0) | Permaliens
Calligraphie © Hassan Massoudy
(Joubert)
Publié par annousti à 17:52:45 dans les rendez-vous d'Inès | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par annousti à 12:18:58 dans les rendez-vous d'Inès | Commentaires (0) | Permaliens
Je ne dirai pas tout Je ne dirai pas tout. J'aurai passé ma vie à me décortiquer, à me déshabiller, à donner en spectacle à n'importe quel prix ce que j'avais de plus précieux, de plus original, plus vivant que moi-même, au prix de quels efforts, je ne le dirai pas. Je ne dirai pas tout. On passe au beau milieu de ses contemporains et la figuration n'est pas intelligente. Ils ont tous un cerveau fendu par le milieu dont toute une moitié se transforme en silex. Je vais jour après jour, envers et contre tout, vers mon point de départ, cercueil aussi tranquille, aussi doux qu'un berceau. Le besoin de parler ne m'a pas réussi, les hommes sont cruels et crèvent de tendresse, les femmes sont fidèles aux amours de hasard, tout le talent du monde est à vendre à bas prix et qui l'achètera ne saura plus qu'en faire. L'animal a raison qui sait tuer pour vivre... Les animaux sont purs, ils n'ont pas inventé la morale au rabais, les forces de police ni la peur du néant, ni le Bon Dieu chez soi, ni l'argent ni l'envie ni l'atroce manie de rendre la justice. Les poissons de la mer n'ont pas d'infirmités. Là, chacun se dévore et s'arrache et s'étripe et le meilleur des mondes est encore celui-là, sans paroles perdues, sans efforts de cervelle, mensonges cultivés, mis au point, sans techniques... L'antilope sait bien qu'un lion la mangera, elle reste gracieuse. La savane est superbe, elle y prend son plaisir et moi de jour en jour je suis comme un crapaud, de plus en plus petit, écrasé, aplati malheureux sous une planche de jardin. Le soleil me fait peur... Vos regards d'imbécile ont eu raison de moi. Je ne dirai pas tout. J'ai compris trop de choses, mais de comprendre ou pas nul n'en devient plus riche. La vie comme un brasier finira par gagner, attendu que la cendre est au bout de la route et que tous les squelettes ont l'air d'être parents. Je croyais autrefois, à l'âge des étoiles et des sources et du rire et des premiers espoirs être né pour tout dire, n' être là que pour ça. Intoxiqué très tôt par le besoin d'écrire, je me suis avancé parmi vous, pas à pas, et l'on m'a regardé comme un énergumène, comme un polichinelle au sifflet bien coupé qui savait amuser son monde... À la rigueur... le faire un peu sourire, le faire un peu pleurer, j'aurais pu devenir assez vite un virtuose mais le goût m'est passé de parler dans le vent. Je ne dirai pas tout. J'ai le sang plein d'alcool, d'un alcool de colère, et je vais achever ma vie dans un bocal comme un poisson Chinois peut-être un coelacanthe... J'aurai, j'en suis certain, de l'intérêt plus tard, vous aurez des machines à faire parler les morts, Je vous raconterai mes crimes et ma légende et je vous offrirai des mensonges parfaits que vous mettrez en vers, en musique, en images, mais vous aurez beau faire, je ne dirai pas tout ! Je suis le descendant du vautour et du poulpe, mes ancêtres, autrefois, survolaient vos jardins et sillonnaient vos mers. Je ne dirai pas tout... Tant de peine perdue! On peut avoir à dix-huit ans l'impérieux besoin d'aller prêcher dans le désert devant un auditoire de fantômes illettrés, de beaux analphabètes ou de milliardaires courtois ni plus ni moins idiots qu'un ouvrier d'usine... Mais l'âge m'est passé des sermons de ce genre. Je ne dirai pas tout! Or, tout me reste à dire.
Bernard DIMEY
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[merci à Daniel M. de m'avoir fait découvrir ce grand poète, cette voix peuplée]
Publié par annousti à 12:04:54 dans notes de lecture | Commentaires (0) | Permaliens
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