
...
c'était une question d'air...
une histoire qui commence....alors qu'on y pensait pas du tout...
elle s'appelait Ariane..
une fille comme tant d'autres mais si folle si débordante de délires et de désirs...
tous les jours elle passait devant la même boutique de jouets,
le genre de villages pour enfants dociles et moins dociles..surtout gatés...comme celui pas loin du boulevard Haussman.
Dans une vitrine, un clown en pantin désarticulé se mettait à se mouvoir quand elle passait
elle n'avait
rien remarqué au départ..
un jour elle s'arrêta pile devant la boutique pour attacher ses lacets défaits....qui se défont souvent , toujours même puisqu'elle ne fait que courir...toujours courir...(pourquoi?)
elle s'arrêta et puis une fois les noeuds faits , elle leva la tête ...et ... elle croisa le regard ému du clown ...elle ne pouvait le supporter..y avait quelque chose de culpabilisant d'infiniment triste...malgré le sourire...car le sourire était fissuré...il y avait une felure douloureuse.
le jour suivant elle avait un noeud au fond de la gorge...elle sentit qu'elle ne pouvait plus jamais passer devant cette vitrine...elle était passée quand même. elle s'était même arrêtée.
depuis elle passait tous les jours...le coeur battait. le coeur battait à nouveau..
le soir elle pensait à sa peluche..sa peluche elle pensait toujours à sa peluche alors que
cette peluche préférait prendre le train pour une île au nord...
elle pensait à sa peluche
sa peluche ne cherchait même pas à accompagner ses nuits de solitude...
elle avait quelque chose d'arrogant et d'incroyablement égoiste cette peluche
..elle n'était pas réactive...elle ne souriait pas, ne parlait pas et ne répondait même pas quand on pince son oreille gauche ...sa peluche, un petit ours mais ailleurs on ne veut pas de ses ours!
Ariane avait décidé de
ne pas attendre le retour de sa peluche.
il suffisait de regarder le JOurnal télévisé de france 2.
la décision fut prise.
quelques jours...tout s'était joué en deux semaines..un mois peut-être
le dimanche ...c'était un dimanche ...il fallit que ce soit un dimanche.
elle courut , elle eut besoin
qu'on la prenne dans des bras ,
qu'on la prenne dans des draps
quelque chose la rongeait
des frissons la perturbaient
ses nuits ressemblaient à des spasmes
peur que le coeur ne s'arrête de battre
par trop de vide par un creux avide
le besoin se mêlait à l'envie
envie d'avoir envie
de donner vie à un clown triste
c'était un dimanche
tout était fermé
elle s'est cogné contre la porte
elle frappait fort
personne n'ouvrit
elle avait alors enlevé ses chaussures de plomb
et les avait jeté sur la vitrine...
l'alarme s'est déclenchée...
tant pis
elle ne pouvait plus contrîoler l'envie de vol.
le temps se décomptait
comme son sang sur l'asphalte
elle courut les pieds nus comme elle ne l'avait jamais fait.
elle s'était caché dans une bouche d'égouts...
à bout de souffle
tout en sueur...
dans sa course elle pressait le clown contre sa poitrine..
il y avait quelque chose de maternel...
il avait quelque chose d'attendrissant
ils avaient Faim , très faim....
au petit matin les larmes du clown avaient disparu
il avait enfin un vrai sourire
il n'était plus un simple clown désarticulé...
et elle avait à nouveau des étoiles roses sur le corps et des soleils dans les yeux.
Ariane avait besoin de sa douceur , comme lui avait besoin de ses mains.
elle sait enfin
qu'il faut cueuillir le bonheur là où il se trouve.
il ya des terres qui donnent l'illusion
d'offrir à la vue des champs de coquelicots
mais les coquelicots ne sont que chimères amères.
il faut en posant le pas
détecter les terres stériles
où les mots se muent en mines minantes et morts imminentes...
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dessin de witko (sad moon) dont je salue le talent encore une fois...(je vous conseille de cliquer le lien est dans mon blogroll)
ils ont dit et vous direz