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Inès A.

Au café bleu de la poésie

Le soupir de l'Orchidée | 24 avril 2007

 

[Pour que (re)fleurisse une orchidée sur mon épaule et dans mon coeur.]

Publié par annousti à 11:56:23 dans peau êtes | Commentaires (0) |

Pas le droit au vote pour la princesse des [M]ondes | 23 avril 2007

Internationale
(inspirée par un texte du slameur Moonir)
  

Pour être franche

Je ne suis pas étanche

Je me considère comme fran-çaise

Même quand j'étais là –bas

Enfant fanfan jouant sur la falaise

Mais depuis que je suis là

Sans plus rien d'une reine

sans même le droit de sauver mes rêves

en votant l'amour qui germe sur la grève

 

Je vous avoue avoir l'impression

De rester pour vous l'étrange tunisienne

Étrange étrangère polygame

Depuis 2001 je fais mes gammes

Et j'apprends de jour en jour

De la France de mes écueils

Que je suis en fait Internationale

De mes seuils à mes feuilles

Comme vous que vous soyez

De Bonneuil ou de Montreuil

De saint- Denis ou de Créteil

Vous portez une montre à l'œil

Coureurs de rêve et d'idéal

As de pique As de cœur

Comme vous je cherche des sandales

Je suis Alice sans malice ni rancœur

Je rythme ma milice et ma monture

Avec une centrifugeuse de cultures

 

Mes valises débordent de balises

Venant de partout

J'ai ainsi la patience d'une hindoue

Qui sait être au- dessus des remous

J'ai la fierté légendaire d‘un arabe

Ne soyez pas étonnés de voir ici ou là

Des anciennes ballades et des airs de rabab

Je ne les brade pas et Rien ne peut me faire parade

 

J'ai l'abnégation d'une chinoise

Qui me permet de ne pas rester pantoise

J'ai l'imagination d'une américaine

Et si tu me rencontres en poésie sous-terraine

Fais donc gaffe à tes gènes et tes veines

J'ai l'érotisme d'une antillaise

Que ce soit sur une musique Zouk ou raï

Je bouge mes fesses et avec mes entrailles

J'entonne des youyous de fa dièse

 

J'ai une langue adultère une amante française

Et comme elle

Il faut savoir être balèze

J'ai le silence d'une russe

Si Mes pensées sont d'or

 Ma voix ne s'endort pas

Car c'est mourir de remords

Comme un chien mordu par les puces

J'ai aussi la gestuelle d'une italienne

Même si je passe souvent pour une Alien (e)

J'ai le rythme d'une espagnole

Et quand je slame mes états d'âme

Je réclame le flamenco des paroles

Des poétesses Ces grandes dame

 

J'ai en plus la finesse d'une anglaise

Et autour d'un thé sans les braises

Et sans l'ombre des parasols

Je sais reconnaître un passé de foutaises

 

J'ai l'ouverture d'esprit d'une canadienne

Mon accent comme mes tics sont une parure

Qui me donne une carrure qui est la mienne

  

J'ai un ancrage dans des origines diverses

Et quand je détache mes cheveux de gitane

Je sais que j'ai Un charme qui renverse

Et si tout s'agite au tour de moi

Je garde pied qui milite sur un sol en titane

 

J'ai le sens de la conversation d'une portugaise

Je sais protéger ceux que j'aime

Et refuse d'être un port de glaise

J'ai le sens du combat d'une Africaine

D'elle j'ai hérité ces mots que je tresse

Cette trace du labeur et de la peine

Le feu dans les mains de détresse

 

Je porte en moi la souffrance d'une palestinienne

Les larmes de l'orpheline

Le deuil des veuves les mots du groove

Des femmes de laves qui louvent

Qu'elles soient libanaises ou israéliennes

C'est toujours la même douleur qui couve

Qui nous fait lâcher des hyènes

Sans nous briser les ailes par un excès de zèle

 

Je n'ai pas besoin de chars ni de bombardiers

J'écoute l'acharnement de la pierre des quartiers

Le cœur en obus les mots en roquettes

J'ai dans mes poches des poèmes en grenades

Des haïkus de feu et des coups de mitraillettes

Et pour l'amour de vous qui me serrez des sérénades

  

Pour vous plaire je ne me servirai pas des paillettes

Car pour l'internationale desservie qu'on affame

Avec des promesses à la rame du bonheur qu'on émiette

Il y a la mare tourmentée la quête inquiète d'une femme

Une femme de feu d'air d'eau et de terre

Une femme en rose de sable et en étoile de mer

Une femme qui a l'âme des amarres funambules

Arrimée à des embarcadères en la(r)mes somnambules

 

© Inès A.

______________
 [toujours la même rhinite qui m'irrite...][ rentrer dormir à la maison]

Publié par annousti à 01:03:38 dans peau êtes | Commentaires (0) |

déZir | 21 avril 2007

 

« Le poème est l'amour réalisé du désir demeuré désir »

René Char(Feuillets d'Hypnos)

Publié par annousti à 11:52:19 dans notes de lecture | Commentaires (0) |

photo(s) de campagne [ revisitées par les passants] | 17 avril 2007

 

Un jour

deux jours

plus...

compte à rebours

des mains passent

avec des stylos des crayons

ouverts à la chasse

rouge vif

rouge partout

parfois les injures fusent

les arrachages aussi

ambiance confuse

D'autres nez rouges sont disponibles.

__________

 

JE n'ai rien à dire. JE regarde ce qui m'entoure...c'est tout. JE m'attarde sur les détails...c'est tout. la main tendue avec alliance. le regard défiant, hautain, neutre, absent. Sourire timide ou pas. couleur et taille de la police. verbes employés...place du verbe par rapport à l'image...nombre des verbes, temps et modes utilisés etc etc.

Que des détails.

Publié par annousti à 13:40:52 dans les marques | Commentaires (0) |

Page d'écriture | 11 avril 2007

Deux et deux quatre
quatre et quatre huit
huit et huit font seize...
Répétez! dit le maître
Deux et deux quatre
quatre et quatre huit
huit et huit font seize.
Mais voilà l'oiseau-lyre qui passe dans le ciel
l'enfant le voit
l'enfant l'entend
l'enfant l'appelle:
Sauve-moi joue avec moi oiseau!
Alors l'oiseau descend
et joue avec l'enfant
Deux et deux quatre...
Répétez! dit le maître
et l'enfant joue
l'oiseau joue avec lui...
Quatre et quatre huit
huit et huit font seize
et seize et seize qu'est-ce qu'ils font?
Ils ne font rien seize et seize
et surtout pas trente-deux de toute façon
et ils s'en vont.
Et l'enfant a caché l'oiseau dans son pupitre
et tous les enfants entendent sa chanson
et tous les enfants entendent la musique
et huit et huit à leur tour s'en vont
et quatre et quatre et deux et deux
à leur tour fichent le camp
et un et un ne font ni une ni deux
un à un s'en vont également.
Et l'oiseau-lyre joue
et l'enfant chante
et le professeur crie:
Quand vous aurez fini de faire le pitre!
Mais tous les autres enfants écoutent la musique
et les murs de la classe s'écroulent tranquillement
Et les vitres redeviennent sable
l'encre redevient eau
les pupitres redeviennent arbres
la craie redevient falaise
le porte-plume redevient oiseau.

 

Prévert

___________

[là sans être vraiment là. Absente. il n' y a que les textos qui marchent]

Publié par annousti à 15:28:40 dans INESSIMIL | Commentaires (0) |

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